Vivez-vous dans un îlot de chaleur?

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Au cœur des villes, en été, certains endroits sont plus agréables que d'autres. Entre un parc et un stationnement, ceux qui recherchent un peu de fraîcheur s'installent intuitivement près de la végétation plutôt que sur l'asphalte. Ils sont bien inspirés, car la différence de température entre ces deux types d'aménagement est réelle. Cela illustre bien le principe des îlots de chaleur, qui sont des espaces où la température est plus élevée qu'aux alentours. En général, il fait plus chaud en ville qu'à la campagne, de l'ordre de 1 ou 3 °C en moyenne. Et au cœur même des villes, certains endroits sont encore plus chauds. Les différences de température sont significatives et peuvent atteindre plus de 10 °C de plus dans les îlots de chaleur intra-urbains! L'intensité des îlots de chaleur change de jour en jour et selon la saison. Mais comment se créent ces îlots? 

La température, l'humidité et le vent influencent la création d'îlots de chaleur urbains. Mais le mode de vie des humains et la manière de construire les villes ont favorisé leur création. La diminution de la végétation et le fait d'avoir rendu les sols imperméables ont joué un grand rôle. On utilise aussi trop de matériaux qui absorbent la chaleur. Les activités humaines produisent de la chaleur et des gaz à effet de serre qui accentuent ces phénomènes.

Les îlots de chaleur et l'environnement ne font pas bon ménage. La chaleur crée des conditions propices à la formation du smog et influence aussi négativement la qualité de l'air à l'intérieur des bâtiments. De plus, comme notre premier réflexe lorsqu'il fait trop chaud est d'aller prendre une bonne douche rafraîchissante. C'est très important de bien se rafraîchir, donc on consomme beaucoup plus d'eau potable pendant les vagues de chaleur. Piscines, jeux d'eau et arrosage des plantes s'ajoutent à la consommation normale. Le deuxième réflexe est de faire fonctionner encore plus fort la climatisation. Rafraîchir l'air et réfrigérer consomme encore plus d'énergie lorsqu'il fait chaud.

Votre santé est aussi concernée. La chaleur accablante causée par les îlots de chaleur urbains peut créer un stress thermique, surtout chez les personnes qui habitent ou qui travaillent en ville. La chaleur peut provoquer des malaises plus ou moins graves : inconfort, faiblesse, troubles de la conscience, crampes, évanouissements, coups de chaleur. Les personnes à risque élevé de troubles de la santé liés à la chaleur, comme les personnes âgées alitées et en perte d'autonomie, doivent être protégées et avoir accès à un environnement frais. C'est pour cela qu'il est important que vous sachiez si vous habitez ou travaillez dans un îlot de chaleur.

L'Institut national de santé publique du Québec a créé à cet effet une carte des îlots de chaleur au Québec que vous pouvez consulter sur internet (http://geoegl.msp.gouv.qc.ca/inspq_icu/). Elle a été utilisée depuis quelques années pour la mise en place de mesures d'adaptation. Elle affiche les bains publics et les espaces verts, un bon outil pour trouver de la fraîcheur. Si vous êtes situé dans un îlot de chaleur, pas de panique! De nombreuses personnes qui vivent en ville sont dans le même cas que vous. Vous devenez donc plus concernés par les mesures à mettre en place pour lutter contre ces îlots.

Une façon de lutter contre les îlots de chaleur consiste à réaménager l'espace afin de « créer » de la fraîcheur. Les plantes jouent un rôle central. Les mesures de végétalisation consistent à verdir l'environnement en y ajoutant des plantes, des arbustes et des arbres. À Montréal les projets de mise en place de ruelles vertes sont de plus en plus nombreux. La végétation au sein des villes a de nombreux autres avantages. Elle nous protège contre le rayonnement ultraviolet (UV) et réduit le risque de stress dû à la chaleur. Les espaces verts offrent par ailleurs des lieux agréables pour pratiquer des activités physiques.

On peut aussi modifier l'infrastructure urbaine : adapter la ville en changeant son architecture et la manière d'aménager le territoire. Pensons notamment aux toits blancs qui réfléchissent les rayons du soleil plus efficacement évitant ainsi l'accumulation de chaleur, et aux toits verts sont recouverts de végétation. Je vous en parlerai plus en détail dans une prochaine chronique. La gestion durable des eaux de pluie est aussi très importante et peut apporter de nombreux bénéfices ; par exemple, utiliser l'eau de pluie pour irriguer les espaces verts. De plus, il est facile de faire des efforts pour réduire la chaleur produite par ou dans les maisons; par exemple, ne pas utiliser la climatisation lorsque ce n'est pas nécessaire, éteindre les ordinateurs lorsque vous ne les utilisez pas et faire sécher ses vêtements à l'air plutôt qu'à la sécheuse.

Toutes ces mesures efficaces contribuent à créer dans les villes des espaces agréables, de véritables îlots de fraîcheur bons pour l'environnement et pour la santé des habitants. De plus, ces mesures réduisent la demande en énergie et diminuent la pollution de l'eau et de l'air, et les émissions de gaz à effet de serre. N'hésitez pas à mettre de telles mesures en place vous-même ou à inciter votre ville ou votre quartier à se pencher sur la question.

 

Une chronique Mon climat, ma santé.

Carte des îlots de chaleur au Québec : http://geoegl.msp.gouv.qc.ca/inspq_icu/

Source : Mon climat, ma santé

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