Bruno Chalifoux a frôlé la mort

Sylvain-Claude Filion
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Les allergies alimentaires peuvent tuer

Foudroyé par une réaction allergique, un citoyen de Brébeuf doit sa vie au sang-froid de sa conjointe, à l’efficacité des ambulanciers et à l’équipe dévouée du centre hospitalier des Sommets à Sainte-Agathe-des-Monts.

Bruno doit sa vie au sang-froid et à la rapide intervention de sa conjointe, Joanie St-Hilaire.

DJ animateur et technicien de scène à la station Mont-Tremblant, Bruno Chalifoux a 41 ans, il est en forme, mais il sait depuis longtemps qu’il souffre de plusieurs allergies incluant noix, fruits de mer, champignons, pectine, pollen et poussière. «Mais ça fait une dizaine d’années que je néglige d’avoir de l’épipène sur moi, confesse-t-il, et je viens de recevoir une leçon que je juge important de partager avec tout le monde».

Réaction brutale

L’événement est survenu le samedi 5 août, vers 15h. Bruno se sert un bol de céréales de blé avec du lait de soya. En moins de deux minutes, son corps réagit brutalement. Chaque minute va compter : il va voir la mort de près. Il a reconstitué le fil des événements minute par minute avec sa compagne Joanie et en consultant le relevé des appels sur son téléphone cellulaire. Voici son récit.

«15h07 : la gorge me pique, je vais tout de suite la rincer avec de l’eau;

15h10 : je commence à tousser, puis à vomir, je manque d’air, je vomis encore, je vois dans le miroir mes lèvres enfler, mes yeux gonflés et injectés de sang et je m’effondre sur le sol;

15h15 : Joanie fait le 9-1-1;

15h20 : j’ai la bouche paralysée, je ne vois plus de l’œil gauche et presque plus du droit, Joanie me soutient et me stimule. Mon corps est en mode survie et protège mes organes vitaux, mes pieds et mes mains bleuissent, impossible de parler même si j’essaie de crier;

15h25 : arrivée des ambulanciers, je suis semi-conscient, je ne vois plus, mon visage a doublé de grosseur;

15h30 : on me donne 3cc d’épipène;

15h35 : l’ambulance démarre en direction de l’hôpital à 150 km/h, j’entends au ton de la voix d’une ambulancière qu’ils sont en mode panique, je vomis dans mon masque d’oxygène, j’entends les pneus crisser, l’ambulance accroche une voiture qui ne se tasse pas, je perds conscience;

15h40 : l’ambulancière outrepasse les règles et me donne une deuxième dose de 3cc d’épipène. Mon pouls est à 168;

«À l’arrivée des ambulanciers, on ne te donnait même pas cinq minutes à vivre» - Le médecin à l’hôpital

15h45 : je reprends conscience;

15h53 : arrivée à l’urgence, une équipe de 6 infirmières prend la relève;

15h55 : le médecin m’examine, je l’entends mais je ne vois rien. On m’administre 10cc d’éphédrine et une troisième dose d’épipène;

16h05 : je réussis à ouvrir un œil et j’aperçois Joanie au pied de la civière, le médecin me dit «tu l’as échappé belle, mais où était son épipène? À l’arrivée des ambulanciers, on ne te donnait même pas cinq minutes à vivre».

La leçon à retenir

Bruno Chalifoux est demeuré sous observation pendant quatre heures avant de recevoir son congé. L’initiative de sa conjointe et la rapidité des ambulanciers ont été déterminantes, mais il était aussi terrifié à l’idée de mourir sous les yeux de ses quatre enfants, âgés de 1 an et demi à 14 ans. Il ne sait pas encore si la réaction allergique provient du lait de soya ou des graines de tournesol qu’il a ingérées juste avant. «Je vais devoir passer des tests d’allergie, mais c’est compliqué d’entrer dans le système car je n’ai pas de médecin de famille».

Bruno a surtout retenu la leçon, qu’il tient à partager avec tous : «informer son entourage et ses proches de ses allergies, toujours avoir un épipène sur soi, ne jamais hésiter à faire le 9-1-1 et aux automobilistes, je dis : laissez passer les véhicules d’urgence, des vies sont peut-être en jeu!». Il a fallu deux jours à Bruno Chalifoux pour se remettre de l’incident et retrouver le rythme normal. Mais il se souviendra de la leçon toute sa vie. «J’ai maintenant toujours deux épipènes, un à la maison et l’autre dans mon coffre à gants… et mes clefs sont dans la poche droite de mon pantalon!» conclut-il avec un sourire.

Organisations: Mont-Tremblant

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • Lise Samson
    12 août 2012 - 08:43

    Merci Bruno de nous rappeler ces règles de base! Cependant, il ne faut pas conserver l'Epipen dans le coffre à gants de sa voiture car les excès de température (chaud en été et froid en hiver) vont compromettre l'efficacité de la médication.

    • R. Labrosse
      16 août 2012 - 10:09

      On recommande à M. Chalifoux et à toute personne sujette à de violentes réactions à des produits auxquels elles seraient allergiques de: 1- en plus d'avoir de l'Epipen au bureau et à la maison, d'en porter toujours sur eux; 2- de porter au poignet un bracelet indiquant leurs allergies 3- et d'avertir les personnes de l'entourage de leurs allergies, en leur indiquant où ils pourraient trouver l'Epipen en cas d'urgence.