Un OVNI dans mon assiette

Christine Hébert
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Les saveurs du marché, c’est génial! Acheter local, tout autant. Ce qui est moins plaisant, c’est de faire son marché dans les grandes surfaces. Nous sommes pris en otage des coûts et de la provenance des produits alimentaires mis sur le marché par les chaînes d’alimentation. Bien entendu, il y a une amélioration quant à la multitude d’aliments qui nous sont proposés. Je devrais dire une révolution. Mais, peut-on parler de révolution lorsque la recherche de produits du Québec, de chez-nous, devient une vraie enquête sur le terrain?

 

En moyenne, il y a dix allées par grande épicerie, vingt rangées à sillonner. Des centaines de produits qui s’étalent devant nos yeux à chaque fois que nous allons faire notre épicerie. On n’en finit plus d’être à la recherche de quelque chose ou simplement en quête de nouveauté. Mais c’est pénible de faire ses emplettes lorsqu’on veut absolument acheter un produit du Québec.

 

Le hic? Ce sont les légumes. Car même en été et à l’automne, les légumes frais du Québec sont presque absents des grandes surfaces. Expliquez-moi, pourquoi une grande chaîne ne peut pas faire une petite place pour les produits locaux en pleine saison de culture? De grands efforts ont été faits pour identifier les légumes « Produit du Québec ». Mais lorsque j’entends que les petits producteurs locaux ne peuvent fournir régulièrement une grande surface parce que leur volume de production n’est pas assez grand, je dis «bullshit ». Excusez l’anglais, mais cette réponse est complètement ridicule. Parce que tout le monde le sait : la rareté de la chose fait un malheur!

 

J’en ai marre de voir sur les étals, des tomates qui viennent des serres du Saguenay ou du Mexique et qui, en passant, ne goûtent rien. La plupart des gens n’ont jamais mangé de vraies tomates du jardin, juteuses et à l’odeur des mets frais et simplissimes de Provence. Même chose pour les œufs qu’ils soient bio ou pas. Ils sont insipides comparés à des œufs issus de petites productions. Ces œufs ont la couleur des tournesols, un jaune intense et un blanc dense. Une fois ces œufs cuits, ils ont un goût incomparable. Idem pour les concombres, les courgettes, etc. Je crois que l’on se doit de demander des produits frais et de saison. Ça ne dure pas longtemps et on y a droit comme consommateurs.

 

Et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a des ovnis au comptoir des légumes : des légumes cultivées en Chine. Du Mexique ou des États-Unis, passent encore, mais de la Chine? Et je n’ai pas abordé le comptoir des viandes qui méritent à lui seul une chronique entière. Donc, si vous le pouvez, acheter local chez les producteurs ou les petits marchés qui offrent des produits frais et pour la plupart bio. Et si c’est impossible, contentez-vous de produits du Québec en modifiant vos recettes et en demandant à votre épicier, à répétitions, qu’il indique convenablement la provenance des légumes. Car trop souvent, la provenance du légume n’est pas la même sur le panneau indicateur que sur l’étiquette du légume. Oui! Je veux le Québec dans mon assiette. Alors, à quand une coopérative de petits producteurs?

Lieux géographiques: Québec, Mexique, Chine Saguenay États-Unis

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